XXVe édition — du 1er octobre 2026 au 30 septembre 2028

ACAB

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Une rencontre en ligne autour de la perturbation ACAB de l’artiste Gilbert Coqalane aura lieu le mercredi 28 février 2024 à 18 h.

Gilbert Coqalane est un artiste invisuel et urbain, l’un des artistes majeurs de la scène artistique contemporaine française. Dans sa pratique, il questionne non seulement les limites de l’art, mais aussi les notions fondamentales qui structurent une société. Il est le fondateur du premier mouvement d’art invisuel, le perturbationisme. Il est également président du CDRAO (Centre d’art Documentation Recherche Application des Offensives) et des éditions L’Armée Recrute, membre du conseil d’administration de la Fédération de l’Art Urbain et médiateur scolaire.

La perturbation ACAB a commencé le mercredi 24 janvier 2024 à 17 h 45, lorsque l’artiste s’est présenté devant le commissariat de Nancy et a inscrit, sans autorisation, en tag invisuel et en grand format, ACAB (« Tous les flics sont des bâtards ») sur la façade du commissariat.

Cette perturbation poursuit plusieurs objectifs, dont celui de réinterroger le sens de l’acronyme ACAB, à l’origine antipolice. Celui-ci a été repris par différents mouvements sociaux, notamment féministes avec All Clitoris Are Beautiful, ou antiracistes avec All Colors Are Beautiful.

À la suite de cette intervention, qui marque le début d’une perturbation toujours en cours, l’artiste a été interpellé par la police. Il a été relâché dans la soirée, sans poursuites, aucun matériel n’ayant été retrouvé sur lui.

Cette perturbation est un processus qui s’inscrit dans une temporalité longue. On ne sait ni quand ni comment elle s’arrêtera.

Elle peut se déployer dans n’importe quelle ville disposant d’un commissariat.

L’institutionisme

Lors de cette perturbation, l’artiste a inventé et théorisé l’acte d’institutionisme. Il le définit comme une catégorie de vandalisme désignant un acte de destruction ou de dégradation de biens publics ou privés commis par une institution publique ou privée. Il distingue ainsi l’institutionisme du vandalisme commis par un citoyen. Le terme « vandalisme » renvoie aux Vandales et au récit de leur pillage de Rome, récit dont l’artiste interroge la construction.

Un ancrage historique

La perturbation s’inscrit dans un cadre temporel et historique. L’artiste se réfère à l’abbé Grégoire, qui a forgé le terme « vandalisme » et théorisé la notion. Né en Lorraine, ce prêtre catholique, évêque constitutionnel et homme politique français est l’une des principales figures de la Révolution française. Il a expliqué sa démarche par cette formule : « J’ai créé le mot pour tuer la chose. » Dans sa lignée, Gilbert Coqalane crée le terme « institutionisme » « pour faire taire la chose ».

L’artiste met en relation ce cadre moral, instauré notamment en Lorraine par l’abbé Grégoire, avec une condamnation pour graffiti prononcée à Nancy en 1877, qu’il présente comme la première en France. Louis Lasègue, un habitant de Verdun âgé de 71 ans, est alors condamné par le tribunal de Nancy à deux mois de prison ferme. Les rapports de police qualifient les faits d’« outrages par inscriptions ». Il lui est reproché d’avoir réalisé, sur les affiches officielles du président, des collages en papier préencollé portant une inscription sous forme de rébus : 20Q de Sedan — à lire « vaincu de Sedan ». Que la perturbation puisse être jugée sur le territoire lorrain de l’abbé Grégoire et, plus précisément, devant le tribunal de Nancy qui a condamné Louis Lasègue constitue également un rapprochement recherché et porteur de sens.

L’outil Cornécourt

Lors de cette perturbation, Gilbert Coqalane a déployé l’outil Cornécourt, un outil perturbationiste fondé sur des jeux de géographie. Cette pratique artistique de nature invisuelle consiste à opérer un brouillage géographique, urbanistique et géologique afin de troubler la vision et la perception de la perturbation. Son déploiement peut en étendre la zone et l’impact, tout en apportant d’autres éléments d’analyse.

Le tag invisuel

Mis au point par le CDRAO, le tag invisuel est un nouveau genre de tag « qui est là, mais qui n’est pas là ». Il se pratique sans matériel, mais non sans matériau : la stratégie, l’optimisation d’autorité, l’optimisation pénale, l’économie du geste, la cartographie ou encore la narration en constituent les ressources. Le tag invisuel relève de l’art invisuel et s’inscrit dans sa branche perturbationiste, engagée dans une approche écologique radicale de l’art, de la culture et de la production artistique dans son ensemble.

Le sfumato perturbato

Cette radicalité écologique, inscrite dans une démarche de décroissance et documentée depuis des années, reste invisibilisée dans les discussions et les groupes de réflexion consacrés à ces questions. Avec cette perturbation, l’artiste explore le « sfumato de réalité », autrement dit le sfumato perturbato. Il établit un parallèle entre le tag invisuel et les violences policières : ce n’est pas parce qu’on ne les voit pas qu’elles n’existent pas.

Nos libertés individuelles

Une autre visée de cette perturbation, tout aussi importante, consiste à questionner nos libertés individuelles et la place des contrôles de police. À quoi servent-ils, au-delà du fait de priver une personne de sa liberté de mouvement ? Dans quelle mesure peuvent-ils enclencher un cycle de violences ? L’artiste a demandé les images de vidéosurveillance à la direction départementale de la sécurité publique afin de faire valoir ses droits. Contactée, la police n’a pas souhaité faire de commentaires.

La rencontre se déroule en partenariat avec le CDRAO (Centre d’art Documentation Recherche Application des Offensives).

www.cdrao.fr

Photo : commissariat de Nancy, janvier 2024.

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Date et heure

2024-02-28 à 18:00 à
2024-02-28 à 19:30
 

Date de clôture des inscriptions

2024-02-28
 

Lieu

Evénement en ligne
 

Types d’évènements

 

Catégorie de l’évènement

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