XXVe édition — 1er octobre 2026 au 30 septembre 2028

Organigramme

Alexandre Gurita

Alexandre Gurita est artiste invisuel, directeur de la Biennale de Paris fondée par André Malraux et de l’ENDA (École nationale d’art de Paris), première école dédiée à la recherche artistique. En 2004, il a inventé le concept d’art invisuel, un genre d’art qui existe autrement que sous forme d’œuvre matérielle ou immatérielle. Selon l’historien de l’art Éric Monsinjon, l’art invisuel se définit par ce qu’il n’est pas. En détachant l’art de l’œuvre d’art, l’art invisuel annonce une révolution copernicienne dans l’art du XXIe siècle. L’artiste considère le système de l’art comme un espace de travail. L’art n’existe plus dans l’œuvre d’art, mais à l’échelle systémique, du champ de l’art dans son ensemble. Il travaille en intelligence collective pour opérer une mutation substantielle de l’art. Son approche s’articule autour de deux axes : l’asymétrie et la stratégie de l’eau. L’artiste pratique la captation institutionnelle, qui consiste à créer ou capter des institutions pour les transformer en institutions critiques de changement. Citations d’Alexandre Gurita : « L’art c’est l’art de l’art. », « L’art est le raccourci entre l’impossible et l’essentiel. », « Nous n’avons aucune preuve sérieuse que l’art est dépendant de l’œuvre d’art et pour cette raison nous pouvons supposer le contraire. », « Penser l’art est dangereux, être pensé par lui s’avère fatal. ».

Alexandra Péron

Alexandra Péron est artiste bienveillante et voyageuse. Elle est née avant la catastrophe de Tchernobyl et après Planet Rock d’Afrika Bambaataa. Elle fonde sa pratique au gré du vent. Sa force réside dans sa capacité ingénieuse à refuser de s’enfermer dans une définition. Bretonne, métisse franco-algérienne et alchimiste nomade, Liberté et Émancipation sont des notions motrices de ses modus operandi de la bienveillance active. Peu intéressée par les motifs de reconnaissance liés aux écosystèmes de l’art contemporain et de l’industrie culturelle, elle porte son attention non sur la forme mais sur l’expérience de celle-ci que ce soit dans la confection d’objets quotidiens tels que les bijoux ou dans son assistanat auprès d’artistes aussi divers que Laura Henno ou Alexandre Gurita. Elle est co-fondatrice du laboratoire et de la collective Le pasLab, où elle est artiste et chercheuse en curaction. Elle est une artiste de la bonté opérationnelle et artisane de dispositifs bienfaisants pour son entourage.

Elisa Bollazzi

Elisa Bollazzi est considérée comme l’une des premières artistes invisuelles. Elle est directrice de la MicroCollection. Sa pratique artistique a été initié en 1990 et consiste à voler de minuscules fragments d’œuvres dans des musées, galeries ou expositions. Son approche, résolument écologique — elle n’ajoute rien à ce qui existe, elle fait avec — repose sur l’appropriation et la collecte de ce qu’elle nomme des microéléments. Elle agit comme une parasite silencieuse, sans rien produire, mais en transformant le geste en acte artistique. L’artiste installe des Cabinets de Regard et invite les publics à observer ces microéléments au microscope. Aujourd’hui, la MicroCollection regroupe plus de 2000 fragments d’œuvres d’artistes du monde entier, célèbres ou anonymes, classés par ordre alphabétique. Chaque prélèvement est soigneusement archivé. Opérant dans l’ombre, Elisa Bollazzi évolue en marge du système artistique traditionnel, qu’elle défie de manière pacifique et constructive, sans jamais quitter le jeu.

Ricardo Mbarkho

Ricardo Mbarkho est artiste invisuel, professeur assistant, directeur de la recherche et directeur du Centre de recherche et de création à l’Académie libanaise des beaux-arts (ALBA, Université de Balamand). L’artiste explore et théorise les conditions esthétiques, économiques, politiques et sociales d’un art qui s’affranchit de l’idée d’œuvre et de public : un art post-immatériel, sans objet matériel ni immatériel. Il mène une recherche-création d’un art sans art, où le support de la pratique artistique devient le modèle socioéconomique lui-même. Il est titulaire d’un doctorat de l’Université Sorbonne Paris Nord. Parmi ses dernières conférences : Aix-Marseille Université, ANdEA, Ars Electronica, Jeu de Paume, MUCEM, Transmediale, UNESCO, World Summit Contributory Conference on ICT & Creativity. Il a initié ARCAI (Atelier de Recherche et Création Art Invisuel) et la Collection Art Invisuel, première collection d’art invisuel qui redéfinit radicalement la notion de collection d’art. L’artiste a donné des conférences et menée des ateliers tels à Aix Marseille Université, ANdEA (Strasbourg), ARS Electronica (Linz), Biennale de Paris, Ecole nationale d’art de Paris (ENDA), ENSBA, Jeu de Paume (Paris), MUCEM (Marseille), Transmediale (Berlin), UNESCO (Paris)

Mariem Memni

Mariem Memni est artiste invisuelle et migrologue et directrice de l’École européenne pour l’intégration des migrants par l’art (EEIMA). L’EEIMA est fondée en 2021 et est basée à Bruxelles. Elle est titulaire d’un Master de l’ISBAS (Institut Supérieur des Beaux-Arts de Sousse, Tunisie) ainsi que d’un DNREA (Diplôme National de Recherche et d’Expérimentation en Art) de l’ENDA (École nationale d’art de Paris) obtenu en 2021. Elle développe le chata, une pratique invisuelle qu’elle a initiée et qu’elle définit comme un processus de conversion de l’énergie négative en énergie positive, garantissant l’harmonie au sein d’un groupe. Elle considère la vie comme une performance continue, un processus artistique qu’elle nomme lifeformance. L’artiste a également créé la migrologie, une science créative qui consiste à envisager les phénomènes migratoires comme des processus artistiques, où chaque migrant est considéré comme un artiste potentiel. L’EEIMA repose sur la conviction que l’art peut être un facteur d’intégration et d’émancipation des personnes migrantes. L’artiste a modélisé une échelle de l’adaptation, une grille d’évaluation mesurant à la fois l’adaptation du migrant à son contexte d’accueil, mais aussi la réciprocité de cette intégration.

Yosr Mahmoud

Yosr Mahmoud est une matriartiste invisuelle. Elle est diplômée d’un master de l’ISBAS (Institut Supérieur des Beaux-Arts de Sousse) et de l’ENDA (École nationale d’art de Paris), Paris. Elle développe l’Esthétique de l’hospitalité, un ensemble de pratiques de l’accueil et de la convivialité. Cette esthétique transcende l’œuvre d’art et jette les bases d’une catégorie à part entière dans l’art invisuel, basée sur l’hospitalité. L’artiste a introduit le terme matriartiste pour genrer l’autorat et mettre en avant les femmes artistes mères dans un univers où le patriarcat domine. L’artiste montre comment des traditions matrimoniales de l’hospitalité, telles que « el walima », un rituel tunisien de partage, possèdent un potentiel esthétique qui peut être réactivé dans un contexte contemporain pour contrer l’individualisme et l’hostilité. L’esthétique de l’hospitalité redéfinit l’art comme un processus inclusif où le partage et la convivialité sont essentiels à la création. Ainsi, les frontières entre éthique et esthétique, entre art et vie quotidienne s’effacent.

Gary Bigot

Artiste. Initiateur de la Biennale de Paris au Luxembourg. Contributeur actif à la Biennale de Paris. Considéré comme un des premiers artistes invisuels, Gary Bigot développe une démarche artistique en considérant que tout est fait, produit et installé sans aucune intervention de sa part. Il adopte dans sa pratique les résolutions radicales suivantes : pas de production par soi-même, pas de promotion par soi-même, pas de profit pour soi-même, pas de propriété à titre personnel. Depuis 1985, son principe de l’hygrométrie est à considérer comme son œuvre. Son fonctionnement spécifique nous renvoie à chacun de nous, sensibles, productifs, connaissant, communicatifs. Il considère celle-ci comme son autoportrait ou encore le « portrait de chacun ». Cet acte-position libérateur lui a permis de considérer radicalement que toutes ses œuvres sont produites et installées, se produisent et s’installent sans son intervention. Produire davantage était pour lui superflu et artistiquement indigne. L’ouverture créée par cette attitude extrême et définitive se révèle insoupçonnée et incite à la réflexion et à la création. Ce qui se passe après coup ne le concerne plus. Il s’installe comme observateur impliqué de son œuvre terminée mais pas clôturée. Il lâche son concept en liberté ainsi que son attitude, et, si le besoin extérieur se manifeste, il autorise chacun à s’en servir, à réaliser des œuvres, des expositions, des discours, etc., même une commercialisation à leur profit. L’artiste a donné des conférences à l’École nationale d’art de Paris (ENDA) et à l’Université de Belval (Luxembourg). Gary Bigot a initié la Biennale de Paris au Luxembourg (2018-2020) qui a consisté en une application permettant aux publics-usagers de se géolocaliser en soufflant sur un smartphone.

Roxane Vidalon

Directrice de l’IAPI (Institut d’Art Philosophique et Invisuel) – Résidence art invisuel, apports théoriques, documentation, formations. Chercheure en Art Philosophique et Invisuel, artiste philosophale. Actuellement, elle poursuit un Master en Recherche Esthétique (Philosophie et Psychanalyse de l’art) à l’Université de Montpellier (France). Diplômée de l’École nationale d’art de Paris (ENDA), elle y propose l’ouverture d’une Ligne de Recherche et d’Expérimentation (LDRE) « Socle théorique et philosophique de l’art invisuel ». Auparavant, elle a enseigné la danse contemporaine au Conservatoire de Tarbes (France), avant de se tourner dès 2016 vers les arts visuels (dont le tatouage, et l’illustration). En 2018, elle s’engage pleinement dans les arts plastiques, approfondissant ses recherches et continuant à nourrir une réflexion philosophique. Sa démarche l’avait déjà menée à entreprendre une licence en philosophie (en 2013) dans le but de fusionner pratique artistique et réflexion philosophique. En 2023, Roxane Vidalon décide de mettre de côté la production d’œuvres d’art pour se consacrer à une étude approfondie de l’art, de la matière et de son abstraction. En mars 2024, elle fonde l’Institut d’Art Philosophique et Invisuel (IAPI), dont le lancement public aura lieu la même année. Son dernier article, L’Œufre au Rose, a été publié dans la Revue de Paris (N°54) en février 2024. Sa plus récente conférence sur l’art invisuel, intitulée L’art est-il faux ? L’art invisuel comme réponse, s’est tenue en juillet 2024, lors de la Semaine des Arts de Soueich (Haute-Garonne, Occitanie, France). Récemment, un article mentionnant le travail de l’artiste, Roxane Vidalon, l’art invisuel pour repousser les limites, par Stéphane Boularand, a été publié dans La Dépêche en mai 2024.

Eric Monsinjon

Philosophe et historien de l’art. Il est à l’origine de la théorie permettant de créer des nouveaux arts. Contributeur majeur à la Biennale de Paris sur le plan de l’histoire de l’art. Historien de l’art et philosophe, Éric Monsinjon est un spécialiste des avant-gardes artistiques du XXe siècle et de l’art contemporain expérimental. Ses recherches portent notamment sur des mouvements d’avant-garde français, comme le lettrisme et l’Internationale Situationniste. En tant que professeur, il enseigne l’histoire des arts à l’Académie de la Comédie-Française à Paris, l’École nationale d’art de Paris (ENDA), ainsi que dans diverses écoles d’art en France. Il est également le fondateur de « L’Anti-Esthétique », un blog sur Mediapart dédié à la recherche expérimentale en art pour le grand public. Actuellement, il s’attèle à l’élaboration d’une théorie générale sur la formation et la formalisation de nouveaux arts. Il s’agit, par des actions et des moyens appropriés, de transformer consciemment et méthodiquement certaines activités humaines ou certains savoirs non-artistiques en arts autonomes. Il considère que l’acte de création ne doit pas se limiter à l’échelle d’une œuvre d’art, mais doit également s’étendre à l’échelle d’un art. En 2023, il participe, avec José Manrubia et Alexandre Gurita, à la fondation d’un nouvel art : la Corrida Etica.

Jérémie Pujau

Jérémie Pujau est un artiste et cinéaste français basé à Berlin, fondateur et directeur de l’Institut de Donbat. Il est le directeur de la Biennale de Paris à Berlin depuis le printemps 2026. Sa pratique se développe à travers des interventions situées dans le champ social, à la croisée de l’image, de la politique et de l’espace public. Il s’intéresse aux comportements collectifs, aux récits de pouvoir, aux structures sociales, aux continuités coloniales, au nationalisme et à l’économie politique de l’art. Son travail a longtemps pris la forme de performances, vidéos, sculptures, photographies et installations, avant de s’orienter vers une démarche invisuelle. Il rejoint l’École nationale d’art de Paris (ENDA) en 2025. En 2016, il a participé au tournage de Human Flow d’Ai Weiwei. Il travaille pour ARTE sur la série Unhappy. Au sein de l’Institut de Donbas, il développe la méthodologie du Donbat, ses projets de recherche-action, ses dispositifs d’intervention et ses formes de transmission.

Rose Marie Barrientos

Docteur en argumentation. Contributrice à la Biennale de Paris, notamment sur le plan théorique. Elle la possibilité de l’art comme argument en partant d’une perception de l’art comme une forme de pensée, de discours et de connaissance. Plus spécifiquement, elle s’intéresse aux organisations d’artiste (dites « entreprises critiques »), qui constituent le point focal de sa recherche. L’historienne argumentaliste a formulé une méthodologie basée sur l’argumentation, permettant d’écrire l’histoire de l’art avec des instruments empruntés à cette discipline. Son approche s’appuie sur l’analyse des stratégies d’argumentation mobilisées par l’artiste pour donner du sens à son travail plutôt que sur sa production d’œuvres, qu’elle soit de nature visuelle ou invisuelle. Elle privilégie les éléments argumentatifs et la dynamique de l’argument sur la forme et le contenu qui le véhiculent. Elle participe régulièrement aux actions de la Biennale de Paris.

Ghislain Mollet-Viéville

Agent d’art-conseil, critique d’art, expert honoraire près la Cour d’Appel de Paris et membre de l’Association Internationale des Critiques d’Art (AICA). Contributeur actif à la Biennale de Paris. Ghislain Mollet-Viéville est l’un des collaborateurs les plus actifs de la Biennale de Paris et de la Revue de Paris. Pour défendre les pratiques artistiques sortant des cadres traditionnels, il a initié la profession d’agent d’art, visant à gérer l’art dans ses rapports avec la société. Depuis 1994, son appartement de la rue Beaubourg (occupé entre 1975 et 1992) a été reconstitué à l’identique et est présenté en permanence, avec sa collection d’art minimal et conceptuel, au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Genève (Mamco). Ghislain Mollet-Viéville fait intervenir différentes instances au sein de notre société pour mettre à jour les modalités de production, de diffusion, d’acquisition et d’actualisation d’œuvres dont l’originalité demande des principes inédits de présentation et d’activation. Avec lui, l’objet d’art n’est plus l’objet de l’art ! Dans ses actions, la question du statut de l’art, tant sur le plan matériel qu’intellectuel, est largement prise en compte pour les interprétations des œuvres en fonction d’un temps et d’un lieu donné.

Ralf Porzel

Ralf Porzel est artiste et fondateur de La CoSAA (Constellation des Structures d’Accueil d’Art) dont la devise est : Chercher ce qui nous lie ! L’artiste pratique la générosagesse, une forme d’art invisuel qui élève la générosité au rang de sagesse et l’optimisme au rang de vertu afin de rassembler les personnes autour de la joie, du courage, du partage et du sens. La CoSAA met à la disposition des artistes de l’art invisuel des lieux où la vie s’est peu à peu éteinte, dans le but de redonner vie à ces lieux et de promouvoir ces pratiques artistiques. La CoSAA met des ressources à disposition des dynamiques artistiques qu’elle valorise et prend en charge aussi bien la gestion logistique et la planification que l’archivage des contenus élaborés lors des événements. Enfin, la CoSAA a pour vocation d’apporter de la joie dans nos vies. L’artiste estime que c’est une chance de pouvoir consacrer sa vie à une cause, car c’est une expression de grandeur et de liberté, et cela procure du plaisir.

Loli Tsan

Spécialiste dans l’application de l’art invisuel à la musique. Contributrice à la Biennale de Paris. Ayant grandi dans une famille de compositeurs, pianiste classique titulaire d’une Licence de Piano de l’Ecole Normale de Musique de Piano, ainsi que d’un doctorat de 3ème cycle de Paris IV et d’un Ph.D. en Linguistique et Littératures Romanes (Romance Linguistics and Literatures) de UCLA, Loli Tsan est professeur de littérature médiévale à la State University of New York. Elle est l’auteur d’une thèse intitulée Fragmentation et Écriture du Corps au Moyen-Âge, de nombreux articles sur la réception de la globalisation en France, sur la littérature romane du 12ème siècle et d’un ouvrage intitulé L’Art à l’épreuve de la singularité. Loli Tsan a présenté les différents aspects de sa recherche dans de nombreuses conférences dans diverses universités aux États-Unis, en Chine, au Brésil, en Tunisie, et à travers l’Europe en France, en Grèce, en Italie et en Belgique. Sa recherche actuelle s’applique à la Musique au-delà du Son et aux parallèles entre l’art invisuel et la désintégration sonore en musique. En collaboration avec Alexandre Gurita, elle travaille à l’enregistrement d’une série de cours sur la dématérialisation de la musique pour l’Enda Autonome (la version en ligne de l’École nationale d’art de Paris).

Sylvain Soussan

Artiste et fondateur du Musée des nuages, à l’origine notamment de l’élargissement de la durée d’une édition de la Biennale de Paris à deux ans. Le Musée des nuages s’intéresse aux technologies réduisant les émissions carbonées ou radioactives : éoliennes, hydroliennes, photovoltaïque, énergie grise. La mobilisation de l’énergie humaine est en soi une ressource que le musée des nuages se propose de valoriser en transformant la perception des œuvres en œuvres de la perception. L’artiste a introduit dans les années 2000 l’écologie dans l’art.

L’artiste paresseuse

Artiste invisuelle qui considère la paresse comme une forme d’art. Initiatrice de la Journée internationale de l’art de la paresse dont la Biennale de Paris est partenaire. Artiste invisuelle agissant sous le pseudo Im-another Lazyartist, autrement dit « l’artiste paresseuse ». L’artiste écrit un journal dans lequel elle explique pourquoi elle ne produit pas d’oeuvres d’art. Les raisons invoquées sont à chaque fois différentes et se composent comme une richesse des possibles de l’après l’oeuvre. En voici quelques unes :« Je ne créerai pas d’œuvre d’art aujourd’hui parce que j’en ai le droit. J’exerce ma liberté d’artiste. » « Je ne créerai pas d’œuvre d’art aujourd’hui parce qu’une œuvre doit être titrée en anglais pour exister dans le monde marchand de l’art contemporain et que mon niveau d’anglais est approximatif car ce n’est pas ma langue maternelle. » « Je ne créerai pas d’œuvre d’art aujourd’hui car je suis une femme artiste et j’ai l’Origine du Monde entre mes cuisses. Je ne créerai pas d’œuvre d’art aujourd’hui parce que j’ai déjà créé la vie et que maintenant, je dois la nourrir, la bercer, la torcher, la laver, l’écouter hurler des heures durant sans la jeter par la fenêtre et bien sûr, l’aimer. Et parce que, comme trop de femmes (qu’elles soient célibataires ou pas, d’ailleurs), je fais tout cela seule donc je n’ai certainement pas le temps de créer d’œuvre d’art. » « Je ne créerai pas de nouvelle œuvre d’art aujourd’hui car tout a déjà été fait, plus aucune création ne peut être vraiment « nouvelle », tout n’est que recyclage dans cette ère post-moderne et post-industrielle. »

Gilbert Coqalane

Artiste invisuel urbain, membre du Conseil d’Administration de la Fédération de l’Art Urbain, intervenant scolaire. Initiateur de projets de la Biennale de Paris en rapport avec la propriété intelectuelle, la formation ou encore la perturbation. Titulaire d’un DNREA de l’ENDA (École nationale d’art de Paris) obtenu en 2021 et président des éditions L’Armée Recrute, l’artiste a inauguré à Nancy en 2021 le C.D.R.A.O. (Centre Documentation, Recherche, Application des Offensives), un lieu permettant de créer, développer et promouvoir « la perturbation » et « l’offensive » comme actions artistiques. Le perturbationisme se constitue comme le premier mouvement d’art invisuel dans l’histoire. Il a été lancé officiellement le premier novembre 2021 à Nancy. La perturbation constitue pour l’artiste un langage artistique. Elle est définie comme l’action visant à perturber la réalité d’un espace public ou la perception de ses utilisateurs. Un ensemble de perturbations constitue une « offensive artistique ». L’objectif d’une offensive artistique c’est d’amener des résultats dans la réalité, dans l’espace public. Le perturbationisme possède des liens forts avec l’art urbain, l’art dans l’espace public. L’objectif principal est d’appréhender la réalité et d’essayer de la modifier par le biais de la perturbation. Une perturbation est systématiquement critique, parce qu’elle vient critiquer l’ordre établi.

Paul Ardenne

Historien de l’art contemporain, critique et commissaire d’exposition. Contributeur actif. Paul Ardenne se consacre à l’exploration de l’art contemporain, avec un intérêt marqué pour les interactions entre l’art, la société et l’environnement. Auteur de nombreux ouvrages influents, il explore des thématiques telles que l’esthétique environnementale, l’art public et la relation entre l’art et l’écologie. Parmi ses publications figurent Art, l’âge contemporain (1997), L’Art dans son moment politique (2000), Un Art contextuel (2002), Extrême – Esthétiques de la limite dépassée (2006), Images-Monde. De l’événement au documentaire (en collaboration avec Régis Durand, 2007), Art, le présent. La création plastique au tournant du 21e siècle (2009), Un Art écologique (2018). Son prochain ouvrage Hors de vue – De l’invisuel et de la minoration physique de l’art paraîtra courant à la fin 2024. Paul Ardenne a conçu de nombreuses expositions parmi lesquelles :  Micropolitiques (Magasin, Grenoble, 2000), Expérimenter le réel (Albi-Montpellier, 2001 et 2002), Working Men (Genève, 2008), La Force de l’art au Grand Palais, à Paris (2006), Pavillon du Luxembourg, 56e Biennale d’art de Venise (2015). Il collabore activement à la Biennale de Paris et à l’ENDA. Il est le premier théoricien de l’art à avoir écrit sur la Biennale de Paris sous la direction d’Alexandre Gurita en 2000, avec son texte Expérimenter une biennale, paru en préface du catalogue de sa XIVe édition en 2004.

Robert Storr

Écrivain, artiste, critique d’art, ancien Directeur de la Yale University School of Art, Membre du Conseil artistique de la International Foundation for Art Research. Co-organisateur de la Biennale de Paris à New York. Robert Storr est le premier directeur américain de la Biennale de Venise. Il a été conservateur en chef du département des peintures et sculptures du MoMA, New York, de 1990 à 2002. Il écrit pour de nombreux journaux et revues, parmi lesquels Art in America, Artforum, Art Press, The New York Times, The Washington Post, The Village Voice, Interview, Parkett, Frieze magazine. Sélection de publications : In direzione ostinata e contraria: scritti sull’arte contemporanea, 2011; September: A History Painting by Gerhard Richter, 2009; Gerhard Richter: the Cage Paintings, 2009. Il affirme : « Aujourd’hui, ce que font les artistes est tellement varié et si largement dispersé qu’il est réellement futile de se préoccuper comme jadis d’une tendance artistique majeure. Si l’on pense comme moi que l’art ressemble à un vaste estuaire composé de nombreux bras de largeur, de profondeurs et de débits différents, la conclusion à en tirer est de ne pas suivre seulement les bras les plus larges et les plus rapides. Il faut aussi explorer les plus étroits et les plus lents, parfois les plus profonds, ou ceux qui prennent des directions surprenantes et mystérieuses. Comme il y a de nombreuses façons de cartographier un tel espace, mais aucun moyen de le parcourir dans sa totalité, ma stratégie a été de tenter de suivre un courant après l’autre, d’une façon qui donne un aperçu de l’ensemble du paysage tout en concentrant mon attention sur certaines régions. Je n’admets tout simplement plus l’idée qu’il existe un circuit principal de l’art. »

Eric Létourneau Dumaine

Éric Létourneau Dumaine est artiste extradisciplinaire à échelle transfinie depuis la fin des années 1980, professeur à l’Université du Québec à Montréal et directeur du Laboratoire Musiques cachées au Groupe de recherche-création en médiatisation du son (https://laboratoire-musiquescachees.uqam.ca). Son travail porte sur la relation entre l’art et la vie, sur la sonification du réel, le bien commun et la dématérialisation de l’art. Il produit des séries et balado et de radio art pour différentes radios publiques et sur le Web, notamment avec la WRC (https://soundcloud.com/wikiradio-canada). Il a valorisé sa pratique dans plus de quinze pays du monde entier. Il a écrit sur l’art en acte, les pratiques sonores, numériques et le patrimoine culturel immatériel pour Inter, les Presses du réel, les Éditions de l’immatériel, Esse, TOPO, The Thing, Recherches en esthétique, Non-Grata, New Star Books, Lux, aux PUM et au PUL.

Tomasz de Rosset

Historien de la collection d’art du XVIIe au XXIe siècle. Co-coordinateur de la Biennale de Paris en Pologne. Tomasz de Rosset est un spécialiste de la collection d’art du XVIIe au XXIe siècle. Il explore la notion de collection d’art dans son sens le plus classique, tout en s’intéressant à l’art invisuel, qui remet totalement en question la conception traditionnelle de la collection d’art. Il s’interroge notamment sur la possibilité de collectionner des formes d’art a priori incollectionnables, telles que les pratiques invisuelles.

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