Quelle collection d’art pour le futur ?

Le 6 mars 2015
Musée d’art Moderne de la Ville de Paris

Colloque organisé par la Biennale de Paris au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Ce colloque s’inscrit dans la continuité d’une rencontre proposée en octobre 2011 par la Biennale de Paris au Queens Museum of Art à NewYork.Dans le cadre d’un partenariat entre le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris et la Biennale de Paris, ce colloque, organisé par Bérengère de Thonel d’Orgeix, propose, à travers de multiples points de vues, d’aborder la question de la collection et son évolution. Dans ce contexte actuel, de reformulation des institutions, de transformations des pratiques artistiques et de leur dématérialisation croissante, cette question ne peut-être ignorée. Intervenants : Fabrice Hergott, Bérengère de Thonel d’Orgeix, Alexandre Gurita, Bernard Blistène, Béatrice Josse, Ghislain Mollet-Viéville, Robert Storr, Alexandre Bohn, Jacques Salomon, Sébastien Faucon, Jean-Baptiste Farkas, Emma McCormick-Goodhart, Heinz-Norbert-Jocks.

« Ouverture du colloque »
Fabrice Hergott

10h05 – 10h20 : Fabrice Hergott est le Directeur du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Après avoir hésité entre les lettres et l’égyptologie avant d’opter pour l’art et d’entreprendre, à Strasbourg, une maîtrise en histoire de l’art puis une thèse de doctorat dont le sujet est un artiste de l’avant-garde allemande. Il débute sa carrière de conservateur par un stage au Musée d’Art Moderne de Saint-Étienne et obtient un poste de directeur de la Maison de la culture de la ville, après avoir notamment fait un rapide passage au musée de Strasbourg en 2000 où il devient directeur des musées de la ville, poste qu’il occupe jusqu’en 2006. Fabrice Hergott est un conservateur du patrimoine et historien de l’art français. Le 13 juillet 2006, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, annonce la nomination de Fabrice Hergott à la direction du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en remplacement de Suzanne Pagé, en poste depuis 1988.

« Décollectionner »
Alexandre Gurita

10h40 – 11h00 : Alexandre Gurita est artiste et stratège dans le secteur de l’art. Il est le Directeur de la Biennale de Paris et de l’Institut des hautes études en arts plastiques (Iheap). S’intéresser à la collection revient à aborder l’art à travers sa destination. Décollectioner l’art engendre d’autres manières d’envisager la collection d’art traditionnelle qui, elle repose sur le « stockage » d’objets. Cela remet en cause les notions de valeur matérielle, de propriété et de collection. Décollectionner l’art implique « un passage d’avoir à être ». Mais si l’art devait à tout prix être collectionné, alors quelle serait la nature de la collection d’art au regard de pratiques invisuelles, qui n’ont pas besoin d’œuvres pour exister ? Alexandre Gurita se définit comme stratège dans le secteur de l’art. Cette position désigne un artiste qui se dispense des objets ou des œuvres d’art et qui recourt à des stratégies pour modifier l’idée de l’art. Sans raisonnement linéaire, il prend en compte l’environnement avec lequel il compose. Alexandre Gurita opère sous l’identité de la Biennale de Paris dont il est le directeur. La Biennale de Paris peut être qualifiée comme un « monde de l’art parallèle, souterrain et hors-la-loi ». Elle identifie et défend des pratiques invisuelles. L’invisuel n’est pas le contraire du visuel. Il est visible, mais pas en tant qu’art. Les pratiques invisuelles se manifestent donc autrement que sous forme d’image, d’œuvre et d’objet d’art.

« L’histoire de la collection d’art à travers sa dématérialisation : cas particuliers »
Bérengère de Thonel d’Orgeix

10h20 – 10h40 : Bérangère de Thonel d’Orgeix est Chargée de mission de la Biennale de Paris pour l’organisation du colloque. Les transformations de l’art ont engendré des remises en question dans l’élaboration, la construction et l’idée même de la collection d’art. Les artistes, eux-mêmes, à travers certaines de leurs œuvres, ont modifié la manière de collectionner l’art. Il s’agirait d’une lecture de l’histoire de la collection d’art et de son évolution à travers quelques exemples significatifs. Diplômée de la Villa Arson à Nice et de l’ESAP au Pavillon Bosio à Monaco Bérengère de Thonel d’Orgeix poursuit sa formation en Histoire de l’art à la Sorbonne Paris IV. Actuellement c’est en muséologie, à la Sorbonne Nouvelle Paris III, qu’elle approfondit ses recherches. Elle s’interroge sur l’évolution des collections et la place des musées dans notre société. Elle insiste sur les œuvres qui modifient et bouleversent les principes d’acquisition et de conservation.

« Collectionner à l’heure de la mondialisation
Bernard Blistène

11h00 – 11h20 : Bernard Blistène est Professeur, conservateur et Directeur du Centre Georges Pompidou. Désigné ce vendredi 15 novembre par Aurélie Filippetti, qui salue « le travail remarquable effectué pendant 12 ans par Alfred Pacquement », Bernard Blistène atteint, après plusieurs passages au musée national d’Art moderne, le poste qui consacre l’aboutissement de sa carrière. Embauché par le musée en 1983, il y monte les premières grandes expositions de Boltanski, Ruscha et Morellet. Après six années à diriger les musées de Marseille, il revient au Centre Pompidou en 1996 comme directeur adjoint. Nommé inspecteur général de la Création artistique au ministère de la Culture en 2002, il est en charge notamment de développer le Palais de Tokyo et conçoit de nombreuses expositions d’envergure, dont la rétrospective Buren en 2002 et les vingt ans des Frac. De retour au Centre Pompidou en 2009, Bernard Blistène prend en charge le développement culturel et crée le Nouveau Festival, entre art contemporain, performance, littérature et danse. Innovant et fidèle du président Alain Seban, il crée la surprise dans cette course à la tête du musée national d’Art moderne.

Œuvrer avec l’incertitude
Béatrice Josse

11h20 – 11h40 : Béatrice Josse est Directrice du Frac Lorraine, Fonds Régional d’Art Contemporain à Metz. Les œuvres invisibles, performatives, protocolaires, souvent conjuguées au féminin, acquises par le Frac Lorraine, interrogent notre présence, notre « ici et maintenant ». Outils critiques face à l’incompréhension de notre présent, cette collection serait à considérer comme une vanité, un memento mori qui tenterait de rendre visibles les manques, les trous, l’absence, le silence, l’autre… l’incertitude. Après une double formation en droit et en histoire de l’art (Ecole du Louvre et Université), Béatrice Josse devient la première directrice du Frac lorraine à Metz en 1993. À l’initiative des travaux d’installation au 49 nord 6 est, elle y programme désormais les expositions et événements thématiques traitant des sujets politico-poétiques (www.fraclorraine.org). Elle développe des projets personnels en rapport avec la performance et le spectacle vivant : A Space for Live Art (Belgique, France, Royaume-Uni, Slovénie, Finlande, Allemagne, Pologne et Espagne) (www.aspaceforliveart.org), chargée de programmation : Tempo Festival à Rio de Janeiro, Biennal de Santiago de Chile, Alternativa à Gdanz. Le croisement des connaissances ainsi qu’un intérêt particulier pour les approches sensibles font de la programmation du Frac lorraine un véritable espace d’expérimentation. Par l’invitation d’écrivains, musiciens, scientifiques, psychanalystes, philosophes et autres passeurs d’idées, de nombreux thèmes d’actualité sont ainsi traités depuis le genre, le post-colonialisme, l’éco-féminisme.

Une approche hors norme de la collection d’art

Ghislain Mollet-Viéville

Agent d’art-conseil, critique d’art et expert honoraire près la Cour d’Appel de Paris Membre de l’Association Internationale des Critiques d’Art et collectionneur

11h40 – 12h00

Avec cette approche, il sera question d’étendre la notion de collection à tous les contours sociaux d’un art qui refuse sa valorisation en tant qu’objet fétichisé. Une collection ouverte sur la réalité de la vie et qui donne à l’expérimentation, à l’échange ainsi qu’au partage, la primauté sur le principe d’une appropriation exclusive. Ainsi dans cette collection de précurseurs, l’art ne s’accroche-t-il plus aux cimaises, il est activé au sein de notre société et est devenu secondaire face aux comportements qu’il induit.

Depuis 1975, son agence d’art est ouverte uniquement sur rendez-vous pour toute information concernant l’art minimal & conceptuel jusque dans ses développements aujourd’hui. Son but : faire intervenir différentes instances au sein de notre société pour mettre à jour les modalités de production, de diffusion, d’acquisition et d’actualisation d’œuvres dont l’originalité demande des principes inédits de présentation et d’activation. Avec lui, l’objet d’art n’est plus l’objet de l’art ! C’est pour défendre ces pratiques qui sortent du cadre habituel des lieux de l’art, qu’il a initié la profession d’agent d’art, manifestant par là son intérêt pour la gestion de l’art dans ses rapports avec la société. Depuis 1994, son appartement de la rue Beaubourg (occupé entre 1975 et 1992) a été reconstitué à l’identique et est présenté en permanence avec sa collection autour de l’art minimal & conceptuel au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Genève (Mamco). En permanence, il présente les certificats, avertissements, enregistrements, fiches techniques, procurations, protocoles, etc. mis en jeu par l’art actuel. Dans ces documents, la question du statut de l’art, tant sur le plan matériel qu’intellectuel, est largement prise en compte pour les interprétations des œuvres en fonction d’un temps et d’un lieu donné.

Questions / Réponses
12h00 – 12h30

Pause
12h30 – 14h00

Comment collectionner l’éphémère ?

Robert Storr

Écrivain, artiste, critique d’art

Directeur de la Yale University School of art, New York

14h00 – 14h10

« Aujourd’hui, ce que font les artistes est tellement varié et si largement dispersé qu’il est réellement futile de se préoccuper comme jadis d’une tendance artistique majeure. Si l’on pense comme moi que l’art ressemble à un vaste estuaire composé de nombreux bras de largeur, de profondeurs et de débits différents, la conclusion à en tirer est de ne pas suivre seulement les bras les plus larges et les plus rapides. Il faut aussi explorer les plus étroits et les plus lents, parfois les plus profonds, ou ceux qui prennent des directions surprenantes et mystérieuses. Comme il y a de nombreuses façons de cartographier un tel espace, mais aucun moyen de le parcourir dans sa totalité, ma stratégie a été de tenter de suivre un courant après l’autre, d’une façon qui donne un aperçu de l’ensemble du paysage tout en concentrant mon attention sur certaines régions. Je n’admets tout simplement plus l’idée qu’il existe un circuit principal de l’art. L’art important et influent se crée aujourd’hui partout, comme c’est le cas depuis longtemps. Il est de moins en moins indispensable pour les artistes de vivre dans les ghettos artistiques de l’une ou l’autre des villes les plus actives. L’avant-garde n’est pas un style ou une marque déposée, c’est une attitude délibérément assumée par une certaine frange d’artistes et de critiques d’art.»

Directeur de la Yale University School of Art, depuis 2006. Organisateur de SITE, la 5° Biennale Internationale de Santa Fe, Disparities and Deformations de 2004-2005. Premier directeur américain de la Biennale de Venise, 2007. Puis il a été directeur de la 52° Exposition Internationale d’Art, Think with the Senses — Feel with the Mind. Art in the Present Tense, 2007. Robert Storr est le premier titulaire de la chaire Rosalie Solow d’art moderne à l’Institute of Fine Arts, New York University, 2002. Enfin, il sera conservateur en chef du département des peintures et sculptures du MOMA, New York, de 1990 à 2002.

Conserver, diffuser

Alexandre Bohn

Directeur du Fonds Régional d’Art Contemporain (FRAC) Poitou-Charentes

14h10 – 14h30

Les Fonds Régionaux d’Art Contemporain (FRAC) collectionnent pour diffuser. Chaque action de diffusion est une aventure humaine autour des œuvres. Parmi les acteurs de la diffusion de l’art, les FRAC s’illustrent par l’intensité et la diversité des actions de médiation qu’ils déploient en accompagnement réciproque des œuvres et des individus constituant le public. Cette manière dynamique de contribuer au rayonnement des démarches artistiques croisant une attention constante portée à la création émergente, prédispose les FRAC à s’emparer d’œuvres conceptuelles socialisées. Ainsi prennent-ils éventuellement part, en actes, à la pensée d’un art conçu comme un activisme social et questionnant en corolaire le bien fondé de l’objet d’art et la raison d’être de sa collection-même.

Après des études d’histoire de l’art à l’Ecole du Louvre, critique d’art de 1991 à 2006 – ses textes ont été publiés dans des catalogues ainsi que dans Revue Noire (Paris), Le Journal des Expositions (Paris), Mouvement (Paris)…-, conférencier membre du service culturel de la Galerie Nationale du Jeu de Paume, il a été conseillé pour les arts plastiques au Conseil Général de la Meuse. Il dirige depuis septembre 2007 le Fonds Régional dʼArt Contemporain Poitou-Charentes. S’adjoignant, au sein des comités techniques d’acquisition, les expertises de Yann Chevalier (responsable art contemporain puis directeur, Le Confort Moderne, Poitiers), Julie Crenn (critique d’art et commissaire indépendante), Frank Lamy (critique d’art, commissaire indépendant et chargé des expositions temporaires au Mac/Val) , Enrico Lunghi (directeur artistique du Casino Luxembourg puis directeur du MUDAM, Luxembourg), Stephen Wright (théoricien de l’art, enseignant à l’EESI, Angoulême et à la Oslo National Academy of the Arts), Alexandre Bohn permet au FRAC Poitou-Charentes d’acquérir des œuvres qui, croisant une pensé de l’indétermination du statut de l’artiste et de l’œuvre et l’expression d’une critique sociale, questionnent corolairement l’être et le devenir de ces objets culturels que sont la collection et l’exposition. Ainsi la collection du FRAC Poitou-Charentes, comptant des œuvres séminales de Marcel Duchamp (Boîte en valise), Les ready-made appartiennent à tout le monde® (Publicité, publicité (histoire de l’art cherche personnages ou encore Martin Tupper (Show Room Collection Yoon Ja et Paul Devautour), s’est-elle récemment enrichie d’œuvres de Karen Andreassian, Edouard Boyer, Emilie Perotto, Bernard Brunon / That’s Painting productions, Ludovic Chemarin©…

Les prises en charge de l’œuvre d’art par le collectionneur

Jacques Salomon

Collectionneur

14h30 – 14h50

À titre d’exemple, trois œuvres : Tino Sehgal, This is New, 2003, où le collectionneur interpelle son entourage ; Philippe Thomas, La Pétition de Principe, 1988, où le collectionneur donne naissance à un nouveau Livre d’Or à chacune des expositions de la pièce ; Mario Garcia Torres, Sing Like Baldessari (Freestyle), 2004, où le collectionneur propose l’œuvre sous la forme d’un karaoké en avril 2008, à Zurich.

xxMyriam et Jacques Salomon sont des amateurs, s’intéressant dès la fin des années 60 et 70 à l’art minimal et conceptuel. Ils ont connu personnellement les artistes novateurs de cette époque charnière, rupture dans l’histoire de l’art moderne. Ils ont poursuivi leur collection par l’acquisition d’œuvres, photos, vidéo, installations, illustrant les concepts de langage, de regard, de commentaires sur l’histoire de l’art et de questionnement sur l’identité de l’artiste. Ils s’intéressent ces dernières années aux créations plus novatrices, à la suite notamment de Philippe Thomas : l’art et la société, l’artiste entrepreneur, la proposition et la mise en place de protocoles, l’art immatériel… mettant en question les formes d’art traditionnelles.xxx

Collectionner le vivant

Sébastien Faucon

Inspecteur de la création artistique

Responsable des collections arts plastiques Centre national des arts plastiques

14h50 – 15h10

La collection du CNAP reste attentive à l’ensemble des pratiques contemporaines et à donc naturellement intégrée aux travers d’acquisitions et commandes les pratiques live, performatives, protocolaires et immatérielles. Sans exclusion des champs plus traditionnels de la création, la collection s’est donc élargie mais doit aujourd’hui profondément modifier sa perception de l’œuvre, de sa réactivation, à son archive.

Sébastien Faucon est, depuis 2009, responsable des collections contemporaines au CNAP (Centre National des Arts Plastiques). Après des études en histoire et histoire de l’art, il a travaillé au Musée National d’Art Moderne – Centre Pompidou (2003-2006), puis au Ministère de la Culture et de la Communication comme conseiller pour les arts plastiques à la Drac Lorraine (2006-2008). Ces recherches se portent plus particulièrement sur les approches transdisciplinaires associant étroitement aux arts plastiques les formes live notamment autour du son et de la performance. Il a été, entre autres, commissaire de la manifestation Diagonales : son, vibration et musique en 2010, des expositions Collector au Tri Postal Lille en 2011; La Permanence durant toute l’année 2014 au Musée de la Danse à Rennes avec Boris Charmatz, l’exposition performative Des choses en moins, des choses en plus au Palais de Tokyo avec Agnès Violeau, et dernièrement l’exposition Laisser les sons aller ou ils vont au FRAC Franche-Comté.

IKHÉA©SERVICES & Glitch dans les collections : du stockage à l’action !

Jean-Baptiste Farkas

Artiste

15h10 – 15h30

« Je considère que : – l’objet d’art nous encombre, il est devenu superflu, – le présent nous demande de donner toute son importance à l’action de soustraire, – la conception que l’on se fait de l’auteur, basée sur l’idée qu’il y aurait un auteur unique derrière chaque œuvre, est une illusion, un raccourci commode qu’il est à présent indispensable de revisiter, – l’exposition est un format dépassé qui doit faire place à d’autres modalités d’action telles que la manœuvre ou l’opération. »

Des IKHÉA©SERVICES et des services Glitch tels qu’Atelier H.S., L’annulation d’espaces, Ceinture !, Perdre son temps ou encore Slowmo appartiennent à des collections publiques ou privées. Comment ces services fonctionnent-ils dans de tels cadres et que permettent-ils d’inédit au sein des collections ? »

Pour Jean-Baptiste Farkas, la pratique de l’art doit questionner, en vue de les problématiser, les notions que sont l’artiste, l’œuvre ou le lieu de sa monstration. Son activité consiste à offrir des modes d’emploi pouvant être mis en pratique, là où ordinairement on attend d’un artiste une œuvre finie et exposée. Au travers de ses services, il invite quiconque à accomplir des tâches précises dont le principe d’efficacité est inversé : mettre hors d’usage un fragment d’habitat, ralentir la cadence d’un travail ou encore mentir. Ni « performances », ni « happenings » et ne relevant pas de ce que l’on nomme communément « art participatif » ou encore « art relationnel », articulés autour des notions d’usage et de prestation, les services de Jean-Baptiste Farkas souhaitent conquérir le terrain de la réalité quotidienne et susciter des questionnements sur les normes comportementales autant que sur les normes artistiques elles-mêmes. Selon Jean-Baptiste Farkas, pour agir, pour « opérer dans le monde réel », il est indispensable de se délester de tout ce qui pourrait s’apparenter à des effets de style pour offrir à l’œuvre l’opportunité de s’éparpiller et de s’infiltrer là où on ne l’attend pas.

Passage à l’oralité

Emma McCormick-Goodhart

Artiste

15h30 – 15h50

C’est en réalisant un service de Jean-Baptiste Farkas que Emma McCormick-Goodhart a collectionné, cette procédure positionne le domaine de l’oral en étant le site futur des collections, par rapport aux œuvres de Tino Sehgal, le phénomène radiophonique d’UbuWeb, et des autres modèles écologiques.

Emma McCormick-Goodhart est une artiste basée à Paris. Son travail s’engage avec la notion de la voix et de son énonciation par la diffusion de la radio et la mise en scène de conférences performatifs.

Une typologie du collectionneur

Heinz-Norbert Jocks

Journaliste, auteur, critique d’art et commissaire d’exposition

15h50-16h10

Où qui sont les créateurs de l’histoire d’art ? Heinz-Norbert Jocks a visité des collectionneurs à Londres, Berlin, Hamburg, Tel Aviv, Montevideo, Paris, Beiijng, Paris, pour trouver des réponses. Pourquoi achète –t –on des œuvres d’art? Qui sont les créateurs de l’histoire d’art? Et est-il possible d’écrire une typologie des collectionneurs?

Heinz-Norbert Jocks, né à Düsseldorf, a fait ses études en philosophie et littérature allemande. Il est auteur, curateur, correspondant de la revue d’ art Kunstforum International et éditeur des numéros spéciale comme « Arrive à Beijing », «La Sainte Pouvoir des collectionneurs» et aussi un de 4 fondateurs de la méta collective «The collective Eye».

Questions / Réponses

16h10 – 16h40

Liens associés

Quelle collection d’art pour le futur ? – Musée d’art Moderne de la Ville de Paris
https://www.mam.paris.fr/fr/activite/quelle-collection-dart-pour-le-futur-ii