ACAB

Biennale de Paris

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Une rencontre en ligne autour de la perturbation ACAB de l’artiste Gilbert Coqalane a lieu le mercredi 28 février 2024 à 18h00. 

Gilbert Coqalane est artiste invisuel et urbain. Il est un des artistes majeurs de la scène artistique contemporaine française. L’artiste questionne dans sa pratique non seulement les limites de l’art mais aussi les notions fondamentales qui tiennent une société. Il est le fondateur du premier mouvement d’art invisuel, Le Perturbationisme. Il est président du CDRAO (Centre d’art Documentation Recherche Application des Offensives) et des éditions l’Armée Recrute, membre du conseil d’administration de la Fédération de l’Art Urbain et Médiateur scolaire. 

La perturbation ACAB a commencé le mercredi 24 janvier à 17h45 lorsque l’artiste s’est présenté devant le commissariat de Nancy et a écrit en tag invisuel et en grand format, ACAB (Tous les flics sont des bâtards), sans autorisation, sur la façade du commissariat.

La perturbation a plusieurs objectifs dont celui de réinterroger le sens de l’acronyme ACAB, à l’origine anti-flic. ACAB a été repris par différents mouvements sociaux, par exemple féministe pour, All clitoris are beautiful, ou, All colors are beautiful, pour le mouvement anti-raciste.

Suite à cette perturbation toujours en cours, l’artiste est interpellé par la police. Il a été relâché dans la soirée, sans poursuites, en l’absence de matériel retrouvé sur lui.

Cette perturbation est un processus qui s’inscrit dans une temporalité longue. On ne sait pas quand et comment elle va s’arrêter.

Elle peut se déployer dans n’importe quelle ville avec un commissariat.

L’institutionisme

Lors de cette perturbation l’artiste a inventé et théorisé l’acte d’institutionisme, une catégorie de vandalisme qui se définit comme un acte de destruction ou de dégradation visant des biens publics ou privés par une institution publique ou privée. Pour rappel, le vandalisme désigne un acte de destruction ou de dégradation des biens publics ou privés par un citoyen. Le terme vandalisme vient des Vandales, accusés d’avoir pillé Rome par tromperie du pape.

Un ancrage historique

La perturbation s’inscrit dans un cadre temporel et historique. L’artiste s’est référé à l’Abbé Grégoire qui a inventé et théorisé le concept d’acte de vandalisme. L’Abbé Grégoire, né en Lorraine, est un prêtre catholique, évêque constitutionnel et homme politique français. Il est l’une des principales figures de la Révolution Française. Il a inventé le terme vandalisme en précisant J’ai créé le mot pour tuer la chose. Dans sa lignée Gilbert Coqalane crée le terme institutionisme, Pour faire taire la chose.

Ce cadre moral instauré particulièrement en Lorraine par l’Abbé Grégoire, est corollé avec la première condamnation en France, en Lorraine précisément, pour graffiti en 1877. En effet, le premier condamné pour graffiti en France est un lorrain, Louis Lasègue, habitant de Verdun de 71 ans, qui est condamné par le Tribunal de Nancy à deux mois de prison fermes. Les faits qui lui sont reprochés dans les rapports de police : outrages par inscriptions. En réalité, ce qui lui est reproché, ce sont des collages sur les affiches officielles du président réalisés avec du papier préencollé́ et avec une inscription stylistique et un rébus 20Q de Sedan (lire vaincu de Sedan). Que la perturbation soit potentiellement jugée sur le territoire lorrain de l’Abbé Grégoire et par là-même au Tribunal de Nancy de Louis Lasègue, est également une rencontre recherchée qui fait sens.

L’outil Cornécourt

Lors de cette perturbation Gilbert a déployé l’outil Cornécourt, un outil perturbationiste (jeux de géographie) et une pratique artistique de perturbation de nature invisuelle, qui consiste à un brouillage géographique, urbanistique et géologique pour troubler la vision et la perception de la perturbation. Le déploiement de cet outil peut accroître la zone et l’impact de la perturbation et éventuellement apporter d’autres éléments d’analyses.

Le tag invisuel

Mis au point par le C.D.R.A.O., le tag invisuel est un nouveau genre de tag qui est là mais qui n’est pas là. Il se pratique sans matériel mais non sans matériau, tout comme la stratégie, l’optimisation d’autorité, l’optimisation pénale, l’économie du geste, la cartographie ou encore la narration. Le tag invisuel rejoint de fait le genre de l’art invisuel et s’inscrit dans sa branche perturbationiste, engagée dans la plus grande radicalité de gestion écologique d’art, de culture et de production artistique dans son ensemble. 

Le sfumato perturbato

Cette radicalité écologique et de décroissance, bien que documentée depuis des années, est invisibilisée dans les discussions ou groupes de réflexion à ce sujet. Avec cette perturbation, l’artiste explore le sfumato de réalité ou autrement dit le sfumato perturbato. Le tag invisuel est un peu comme les violences de la police. Ce n’est pas parce qu’on ne le voit pas qu’il n’existe pas.

Nos libertés individuelles

Une autre visée de cette perturbation mais non pas moins importante réside dans de questionnement nos libertés individuelles et la place des contrôles de police. A quoi servent-ils, à part de priver un sujet de sa liberté de mouvement ? Et d’enclencher un cycle de violences. L’artiste a demandé les images de vidéosurveillance pour faire valoir ses droits, auprès de la Direction Départementale de la Sécurité Publique. Contactée, la police n’a pas souhaité faire de commentaires.

La rencontre se déroule en partenariat avec le C.D.R.A.O (Centre d’art Documentation Recherche Application des Offensives). http://www.cdrao.fr/

Photo : commissariat de Nancy, janvier 2024

Event registration closed.
 

Date et heure

2024-02-28 à 18:00 à
2024-02-28 à 19:30
 

Date de clôture des inscriptions

2024-02-28
 

Lieu

Événement en ligne
 

Types d’évènements

 

Catégorie de l’évènement

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